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OPCO : comment faire financer vos formations sécurité quand on est une TPE-PME

Publié le

En résumé

Vos formations sécurité se financent via votre OPCO, l’opérateur de compétences de votre branche, dans le cadre du plan de développement des compétences. Les entreprises de moins de 50 salariés bénéficient d’une prise en charge renforcée, financée par la contribution mutualisée. Le circuit tient en quatre étapes : identifier son OPCO (via l’IDCC de la convention collective, à défaut le code NAF), déposer la demande 2 à 4 semaines avant la formation avec le programme, le devis et la convention, obtenir l’accord de prise en charge, puis transmettre les justificatifs de réalisation. La certification Qualiopi de l’organisme est indispensable : sans elle, aucun fonds mutualisé ne peut être mobilisé.

Une TPE ou une PME finance ses formations sécurité en passant par son OPCO — l’opérateur de compétences de sa branche professionnelle — dans le cadre du plan de développement des compétences. Ce n’est ni une subvention à demander ni une faveur : votre entreprise verse chaque année une contribution à la formation professionnelle, et l’OPCO en est le gestionnaire. Les entreprises de moins de 50 salariés bénéficient à ce titre d’un accès renforcé aux fonds mutualisés, précisément parce qu’elles n’ont pas la trésorerie pour avancer seules le coût des obligations réglementaires.

Le point de blocage, en pratique, n’est presque jamais le budget disponible : c’est le fait de déposer la demande trop tard, ou de ne pas savoir à quel OPCO on est rattaché. Voici le circuit complet.

Ce que fait concrètement un OPCO

Les opérateurs de compétences ont remplacé les anciens OPCA en 2019. Au nombre de onze, agréés par l’État, ils sont rattachés à des branches professionnelles et remplissent quatre missions : financer l’apprentissage, financer le plan de développement des compétences des entreprises de moins de 50 salariés, accompagner les branches dans l’analyse de leurs besoins en compétences, et appuyer les TPE-PME dans la définition de leurs besoins de formation.

Pour un dirigeant de PME, cela se traduit très concrètement : l’OPCO peut prendre en charge tout ou partie du coût pédagogique d’une formation SST, CACES®, habilitation électrique ou AIPR, et selon les branches et les dispositifs, une partie des frais annexes ou de la rémunération des stagiaires. Les niveaux et plafonds de prise en charge sont fixés par branche : ils diffèrent d’un OPCO à l’autre, et c’est votre conseiller OPCO qui vous donnera le barème applicable à votre convention collective.

Le plan de développement des compétences

Le plan de développement des compétences regroupe l’ensemble des actions de formation décidées par l’employeur pour ses salariés. Il distingue deux catégories, et cette distinction a des effets pratiques :

  • Les actions de formation obligatoires, celles qui conditionnent l’exercice d’une activité ou d’une fonction en application d’une disposition légale ou conventionnelle : elles constituent du temps de travail effectif et sont rémunérées comme tel. La quasi-totalité des formations sécurité relève de cette catégorie — secourisme, conduite d’engins, habilitation électrique, AIPR, échafaudages.
  • Les autres actions, qui peuvent, sous conditions et avec l’accord du salarié, se dérouler pour partie hors temps de travail.

Le salarié envoyé en formation sécurité par son employeur est donc en mission : il n’a pas à mobiliser son CPF, ses congés, ni à récupérer les heures. Ce point est régulièrement source de malentendus internes.

Les onze OPCO et leur périmètre

OPCO Périmètre principal
Constructys Bâtiment, travaux publics, négoce de matériaux
AKTO Travail temporaire, propreté, sécurité privée, hôtellerie-restauration, services à forte intensité de main-d’œuvre
OPCO 2i Industries : métallurgie, chimie, plasturgie, textile, papier-carton, ameublement, énergie
OPCO Mobilités Transport routier, logistique, services de l’automobile, transport urbain, aérien, ferroviaire, maritime
Opcommerce Commerce de détail et de gros, grande distribution, e-commerce
AFDAS Culture, médias, communication, loisirs, sport, tourisme
Uniformation Cohésion sociale : associations, aide à domicile, habitat social, protection sociale, sport et animation
ATLAS Services financiers, assurance, banque, conseil, ingénierie, numérique
OCAPIAT Agriculture, pêche, industries alimentaires, coopération agricole
OPCO EP Entreprises de proximité : artisanat, professions libérales, services de proximité
OPCO Santé Établissements de santé, médico-social et social privés

Comment savoir de quel OPCO vous dépendez

Le rattachement se fait par branche professionnelle, donc par convention collective, et non par le métier exercé. Le repère le plus fiable est l’IDCC — l’identifiant de convention collective à quatre chiffres — que vous trouverez sur les bulletins de paie de vos salariés, généralement en en-tête. Chaque IDCC est rattaché à un OPCO par arrêté.

À défaut d’IDCC clairement identifié, le code NAF attribué par l’INSEE donne une bonne première orientation, mais il reste indicatif : deux entreprises portant le même code NAF peuvent relever de conventions collectives différentes. En cas de doute, deux vérifications règlent la question :

  1. regarder les anciens bordereaux de contribution à la formation professionnelle, qui portent le nom de l’organisme collecteur ;
  2. appeler directement l’OPCO pressenti avec votre numéro SIRET : le rattachement est vérifiable en quelques minutes.

Un cas courant en Île-de-France mérite une mention : une entreprise de travail temporaire relève d’AKTO, mais l’obligation de formation à la sécurité du salarié intérimaire pèse sur l’entreprise utilisatrice pour ce qui concerne le poste de travail. Les deux financements ne se substituent pas l’un à l’autre — c’est à clarifier avant la mission, pas après.

Le circuit de la demande, étape par étape

  1. Demander un devis et un programme à l’organisme de formation. Le programme doit mentionner les objectifs pédagogiques, le contenu, la durée, les modalités d’évaluation et le public visé : un OPCO refuse un dossier dont le programme est trop sommaire.
  2. Créer ou activer votre compte sur l’extranet de votre OPCO. La plupart des dossiers se déposent en ligne, avec un numéro d’adhérent lié au SIRET.
  3. Déposer la demande de prise en charge 2 à 4 semaines avant le début de la formation. C’est la règle d’or : la quasi-totalité des refus que nous rencontrons ne portent pas sur le fond mais sur un dépôt effectué après le démarrage de la session. Certains OPCO acceptent une régularisation, beaucoup non.
  4. Joindre les pièces : programme détaillé, devis, convention de formation (ou contrat), calendrier prévisionnel, liste nominative des stagiaires avec leur statut, et selon les branches un justificatif de l’effectif de l’entreprise.
  5. Attendre l’accord de prise en charge. Ne démarrez pas sans lui si votre trésorerie ne peut pas absorber un refus.
  6. Après la formation, transmettre les justificatifs de réalisation : feuilles d’émargement signées, attestation de fin de formation, certificats obtenus et facture. Le paiement se fait soit en subrogation — l’OPCO règle directement l’organisme, vous n’avancez rien — soit en remboursement à l’entreprise. La subrogation est très largement préférable pour une TPE.

Pourquoi la certification Qualiopi de l’organisme est déterminante

Depuis le 1er janvier 2022, un prestataire d’actions de formation ne peut bénéficier de fonds publics ou mutualisés — donc des fonds OPCO, du CPF ou de France Travail — que s’il est certifié Qualiopi au titre du Référentiel National Qualité. Cette certification est délivrée par un organisme certificateur accrédité, à l’issue d’un audit portant sur sept critères : information du public, conception des prestations, adaptation aux bénéficiaires, moyens mis en œuvre, qualification des formateurs, inscription dans l’environnement professionnel, et recueil des appréciations et traitement des réclamations.

La conséquence est simple et sans exception : une formation dispensée par un organisme non certifié Qualiopi ne peut pas être financée par votre OPCO. Avant de signer un devis, deux vérifications de trente secondes s’imposent — demander le certificat Qualiopi (avec sa date de validité et le nom du certificateur) et le numéro de déclaration d’activité (NDA) auprès de la DREETS. Un organisme sérieux fournit les deux sans hésiter.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

  • Déposer après le début de la session. Cause numéro un des refus, et la plus évitable.
  • Confondre CPF et plan de développement des compétences. Une formation sécurité rendue obligatoire par le poste n’a pas à être financée sur les droits personnels du salarié.
  • Traiter les recyclages au fil de l’eau. Regrouper sur un même dossier tous les salariés dont le SST ou le CACES® expire dans l’année réduit le coût unitaire et le nombre de démarches.
  • Oublier les frais annexes. Selon les branches, transport, hébergement et repas peuvent être partiellement pris en charge : il faut les déclarer dans le dossier initial, rarement après.
  • Négliger les émargements. Une feuille non signée par un stagiaire peut suffire à faire retirer la prise en charge de la ligne correspondante.

La marche à suivre en pratique

Pour une TPE-PME qui part de zéro, la séquence utile tient en une demi-journée de travail :

  1. Identifiez votre OPCO à partir de l’IDCC figurant sur un bulletin de paie, et créez votre compte sur son extranet avec votre SIRET.
  2. Construisez le tableau des échéances de vos formations obligatoires sur douze mois, à partir des certificats existants et de votre DUERP.
  3. Regroupez les besoins par formation plutôt que par salarié : c’est ce qui rend une session intra pertinente et fait baisser le coût par personne.
  4. Demandez un devis et un programme à un organisme certifié Qualiopi, et vérifiez le certificat.
  5. Déposez le dossier au minimum trois semaines avant la première date envisagée, en demandant la subrogation de paiement.

Une fois ce circuit rodé, les dossiers suivants prennent une vingtaine de minutes. Le coût réel d’une formation sécurité pour une PME de moins de 50 salariés est le plus souvent bien inférieur au montant du devis — encore faut-il déposer le dossier au bon moment, auprès du bon interlocuteur, avec un organisme dont la certification permet la prise en charge.

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