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Le CACES® est-il éligible au CPF ? Mode d’emploi

Publié le

En résumé

Oui. Les CACES® et le SST sont enregistrés au Répertoire Spécifique de France compétences : ils sont donc éligibles au CPF et réservables depuis Mon Compte Formation. Deux réserves importantes : un reste à charge forfaitaire s’applique aux salariés qui mobilisent leur CPF, sauf exceptions (abondement de l’employeur, demandeurs d’emploi, titulaires de certains dispositifs), et surtout, quand la formation est rendue obligatoire par le poste, elle relève de l’employeur et se finance par l’OPCO via le plan de développement des compétences — sans entamer les droits personnels du salarié.

Oui, le CACES® est éligible au CPF, et le SST également. Ces deux certifications sont enregistrées au Répertoire Spécifique tenu par France compétences — le répertoire qui recense les certifications et habilitations correspondant à des compétences professionnelles complémentaires, notamment celles rendues nécessaires par une réglementation. Cet enregistrement est précisément ce qui ouvre le financement par le compte personnel de formation. Vous les retrouverez donc dans le catalogue de Mon Compte Formation, avec les sessions proposées par les organismes certifiés Qualiopi.

Reste une question que peu de pages posent : est-ce le bon circuit ? Pour un salarié en poste, la réponse est le plus souvent non — et cela mérite d’être expliqué avant de dépenser des droits qui ne se reconstituent que lentement.

Ce qui est éligible, et à quel titre

Certification Enregistrement Validité Éligible CPF
CACES® R489 chariots élévateurs Répertoire Spécifique 5 ans Oui
CACES® R482 engins de chantier Répertoire Spécifique 10 ans Oui
CACES® R486 nacelles (PEMP) Répertoire Spécifique 5 ans Oui
CACES® R485, R490, R484 Répertoire Spécifique 5 ans Oui
SST — Sauveteur Secouriste du Travail Répertoire Spécifique 24 mois Oui
Habilitation électrique (NF C18-510) Répertoire Spécifique selon les symboles Recyclage recommandé 3 ans Selon la fiche
AIPR Examen encadré par la réglementation anti-endommagement 5 ans Selon l’offre référencée

Point de vigilance : l’éligibilité porte sur la certification, pas sur n’importe quelle session. Une formation CACES® n’est finançable par le CPF que si elle est proposée par un organisme certifié Qualiopi et référencée sur Mon Compte Formation, avec passage effectif des tests par un organisme testeur certifié. Une formation « à la conduite d’engins » sans test CACES® ne relève pas du dispositif.

La procédure sur Mon Compte Formation

  1. Se connecter à Mon Compte Formation avec son identité numérique. La création du compte demande de vérifier son identité, étape à anticiper : elle prend parfois plusieurs jours.
  2. Consulter ses droits. Le compte est alimenté en euros chaque année en fonction du temps de travail effectué. Le solde affiché est le montant mobilisable.
  3. Rechercher la certification par son intitulé (par exemple « CACES R489 catégorie 3 ») et sélectionner une session en filtrant par lieu et par date.
  4. Envoyer la demande d’inscription à l’organisme, qui dispose d’un délai pour l’accepter. Le dossier doit être déposé suffisamment tôt : les délais d’instruction et de traitement du paiement ne permettent pas une inscription de dernière minute.
  5. Régler le reste à charge le cas échéant, directement sur la plateforme.
  6. Suivre la formation et passer les tests. Le certificat CACES® est délivré par l’organisme testeur ; le certificat SST par le réseau habilité.

Le reste à charge, et ses exceptions

Depuis 2024, les titulaires du CPF qui mobilisent leurs droits pour financer une formation supportent une participation forfaitaire — un reste à charge dû quel que soit le prix de la formation, sauf exceptions. Nous ne détaillons pas ici de montant : il est fixé par voie réglementaire et peut être revalorisé, et une page qui affiche un chiffre périmé fait plus de mal que de bien. Consultez le montant en vigueur au moment de votre inscription, il est affiché sur la plateforme avant validation.

Les exceptions les plus fréquentes :

  • Les demandeurs d’emploi ne sont pas soumis à cette participation.
  • L’abondement par l’employeur ou par un financeur (OPCO, région, branche) neutralise le reste à charge lorsqu’il est versé sur le dossier.
  • Les personnes bénéficiaires de certains dispositifs — notamment les titulaires du compte professionnel de prévention ou les victimes d’accident du travail avec incapacité permanente — sont également exonérées.

L’abondement employeur : la voie mixte

Un employeur peut verser un abondement sur le dossier CPF d’un salarié, via le portail dédié aux entreprises. C’est utile dans deux cas : lorsque les droits du salarié ne couvrent pas la totalité du coût, ou lorsque l’entreprise veut soutenir une montée en compétences qui dépasse la stricte obligation réglementaire — par exemple un cariste titulaire de la catégorie 3 qui souhaite ajouter la catégorie 5.

Pourquoi, en entreprise, l’OPCO reste la meilleure porte d’entrée

C’est le point que ce type d’article omet presque toujours, et c’est pourtant le plus important pour un salarié comme pour un dirigeant.

Le CPF est un droit personnel du salarié. Il lui appartient, il le mobilise librement, et l’employeur ne peut pas l’y contraindre. Or, la très grande majorité des formations sécurité — CACES®, habilitation électrique, SST dans les cas visés par l’article R4224-15, AIPR — sont rendues nécessaires par le poste occupé. Elles relèvent alors des actions de formation obligatoires du plan de développement des compétences : elles se déroulent sur le temps de travail effectif, sont rémunérées, et sont financées par l’entreprise avec le concours de son OPCO.

Faire passer une formation obligatoire par le CPF du salarié revient donc à lui faire payer, sur ses droits personnels, une compétence que son poste exige. Trois inconvénients concrets :

  • le salarié épuise des droits qu’il aurait pu consacrer à un projet d’évolution ;
  • il supporte le reste à charge, alors que le circuit OPCO n’en comporte pas ;
  • l’entreprise perd la maîtrise du calendrier — dates, groupe, lieu — puisque l’inscription est individuelle.
Le CPF est fait pour ce que le salarié choisit ; le plan de développement des compétences est fait pour ce que le poste impose. Une autorisation de conduite exigée par l’article R4323-56 appartient clairement à la seconde catégorie.

Le CPF garde sa pertinence dans des situations bien identifiées : un salarié qui prépare une mobilité vers un métier exigeant un CACES® que son poste actuel ne requiert pas, un intérimaire qui veut élargir son employabilité entre deux missions, un particulier en reconversion, ou un salarié dont l’employeur refuse une formation non obligatoire.

Le cas des demandeurs d’emploi

Pour une personne inscrite à France Travail, plusieurs dispositifs coexistent avec le CPF, et l’ordre dans lequel on les examine compte :

  • L’AIF (Aide Individuelle à la Formation) : financement accordé au cas par cas par le conseiller France Travail, lorsque la formation est indispensable au projet de retour à l’emploi et qu’aucun autre dispositif ne la couvre. Elle peut compléter un CPF insuffisant.
  • La POEI (Préparation Opérationnelle à l’Emploi Individuelle) : une entreprise a un poste à pourvoir, s’engage à recruter, et la formation d’adaptation préalable est financée. C’est le dispositif le plus efficace quand un employeur cherche un cariste ou un conducteur d’engin et ne trouve pas le CACES® correspondant sur le marché.
  • L’AFPR (Action de Formation Préalable au Recrutement) : même logique que la POEI, sur des contrats plus courts.
  • Les formations conventionnées par France Travail ou par le conseil régional, dont le coût pédagogique est pris en charge.

Un réflexe utile : avant d’engager ses droits CPF, un demandeur d’emploi a intérêt à en parler à son conseiller. Une POEI signée avec un employeur finance la formation et débouche sur un poste, sans consommer les droits personnels.

Que faire selon votre situation

  • Vous êtes dirigeant et vos salariés ont besoin d’un CACES® ou d’un SST pour leur poste : passez par votre OPCO dans le cadre du plan de développement des compétences. Déposez le dossier deux à quatre semaines avant la session, auprès d’un organisme certifié Qualiopi. Ne demandez pas à vos salariés de mobiliser leur CPF.
  • Vous êtes salarié et la formation est exigée par votre poste : c’est à l’employeur de l’organiser et de la financer, sur le temps de travail. Signalez l’échéance de votre certificat avant qu’il n’expire — un CACES® périmé impose de repasser le test complet.
  • Vous êtes salarié et visez une catégorie ou un métier que votre poste n’exige pas : le CPF est le bon outil, éventuellement complété par un abondement de votre employeur.
  • Vous êtes demandeur d’emploi : examinez d’abord POEI, AFPR et AIF avec votre conseiller, avant de mobiliser votre CPF.

Dans tous les cas, deux vérifications valent d’être faites avant de signer quoi que ce soit : la certification Qualiopi de l’organisme, et le fait que les tests soient réalisés par un organisme testeur certifié. Sans cela, ni le financement ni la valeur du certificat ne tiennent.

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